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Victoire pour la LISA

Lundi, le président du tribunal correctionnel a rendu deux délibérés concernant des sévices sur des animaux. La Lisa, partie civile pour un chien que son propriétaire a voulu noyer, a obtenu gain de cause avec une interdiction définitive pour le propriétaire de détenir un animal. La SPA, en revanche, qui poursuivait le propriétaire d'un bouc a été déboutée et le maître relaxé.

Dans le feuilleton des animaux maltraités que nous relayons depuis plusieurs semaines dans nos colonnes, il y a les deux délibérés rendus, lundi, par le président du tribunal correctionnel de Charleville-Mézières concernant des sévices graves ou acte de cruauté envers un animal domestique, apprivoisé ou captif, qui se sont déroulés à Deville en juillet 2010 et à Floing en octobre de la même année. Deux affaires dont les jugements - une peine d'amende et une relaxe - risquent de faire couler beaucoup d'encre.

Dans l'affaire du chien auquel le propriétaire avait lié les pattes avant de le jeter au bord de la Meuse à Deville dans le but de noyer l'animal, l'association la Lisa qui avait emmené le dossier devant le procureur de la République a eu gain de cause au tribunal correctionnel. Le propriétaire Manuel Fialho, 46 ans, a été condamné à 1 000 euros d'amende avec sursis et à une interdiction définitive de détenir un animal. Une sentence qui fera date dans les anales de la justice ardennaise car c'est la première fois qu'une interdiction définitive de détenir un animal est prononcée par un tribunal carolo.

Les faits reprochés au prévenu sont atroces. Une dame qui se promenait en bord de Meuse à Deville le 7 juillet 2010, a aperçu en bas d'un talus au niveau du fleuve un chien mâle croisé griffon épagneul, les pattes attachées avec du fil de fer. Le témoin a prévenu le maire de Deville qui a aussitôt appelé les gendarmes. Le propriétaire du chien, un habitant de la commune, a été rapidement identifié et convoqué à la brigade pour être entendu sur les faits. Il a reconnu avoir voulu se débarrasser de son chien, car sa compagne en avait peur et que le chien aboyait tout le temps. Il a aussi reconnu qu'il n'avait jamais conduit l'animal chez le vétérinaire

À la barre, le prévenu n'est pas serein et cherche à fuir ses responsabilités. Un comportement qui a énervé le président Reynes : « On va recadrer tout de suite les débats. Monsieur, ici ce n'est pas le moment d'inventer une autre version, alors reconnaissez-vous avoir attaché votre chien et l'avoir jeté dans l'eau pour le noyer ? »

Je suis parti de chez moi à pied avec le chien, je suis allé entre Deville et Laifour, au bord de la Meuse. Arrivé sur place j'ai regardé s'il y avait quelqu'un. Lorsque j'ai vu que j'étais seul, je l'ai attaché et je l'ai poussé au bord de l'eau. Il s'est débattu un peu, je l'ai maintenu, mais je ne l'ai pas frappé, il aboyait un peu et je suis parti » a encore déclaré le propriétaire.

Me Isabelle Colinet qui représente les intérêts de la Lisa, partie civile au procès, a mis en évidence dans sa plaidoirie les conclusions du vétérinaire : « L'animal a été retrouvé apeuré, en mauvais état général, maigre et montrait des blessures multiples dont un hématome sur la gueule compatible avec des coups et des entailles très profondes aux deux pattes avant. Je signale que le chien a tellement peur de son propriétaire que lorsqu'il l'a vu lors de la reconstitution, l'animal a fait pipi sur lui », a confié, indignée, l'avocate qui a gagné une belle bataille en réussissant à obtenir une condamnation définitive.

La substitut, Mme Mutiloa, a réclamé une peine de prison avec sursis dans ce dossier que la magistrate a jugé désespérant. Manuel Fialho n'ayant pas d'avocat pour le défendre, a tout simplement répondu « non » au président qui lui demandait s'il avait quelques choses à ajouter. L'affaire était cuite pour lui.

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